Les 4 saisons des étangs

La Brasière, Chassagne, Le Four, Ronzuel...

Voila qui fait déjà rêver sur la carte IGN. J'espère toujours un accès à l'étang, carrossable, vu l'importance du matériel à emmener. Pour jouir pleinement du lieu et tenter de rendre sur la toile ces heures uniques, j'ai besoin de m'installer confortablement.
Le cadrage est déterminant. Je prends ce temps nécessaire, sans impatience. J'étudie, j'avance ou recule de quelques dizaines de pas, je pense au soleil qui va décliner. Je capte au passage, ici, le craquement des branchages au passage d'un animal, là, une carpe bondissant hors de l'eau, plus loin, assourdi, le bruit d'un tracteur. Ma chienne, Dune, participe à ma recherche en manifestant sa joie. Est-ce que tant de beauté rend difficile ? N'y a-t-il pas meilleur cadrage ? Se fier toujours à la première impression. Une trouée entre les arbres, un chêne les pieds dans l'eau, un rejet biscornu, là, au premier plan, à côté d'un piquet planté sans hasard.
Je me pose, enfin, et j'observe. Ma palette sera toute différente de celle d'il y a un mois. Les saisons jouent avec la lumière et j'ai envie de rentrer dans ce jeu.
Je pose au fusain les lignes principales et j'accueille ce qui vient. Avec assurance, je pose les couleurs sur ma palette. Les tons chauds d'un côté, les tons froids de l'autre, du blanc au milieu. Rituel sans cesse renouvelé et toujours le même plaisir à sentir cette odeur si particulière de la peinture à l'huile.
Et là, commence l'incroyable poursuite de la lumière. Les informations me parviennent, intenses, nombreuses, diverses. Mon bras, seul, est impuissant à rendre tout ce que je perçois et la furtivité des choses. Se contenter de l'essentiel. Encore faut-il le voir et s ‘en imprégner !
Je peins vite. J'ai peur de perdre ce jaune olive si lumineux, cette ombre mi-violette mi-brune sur la rive d'en face. L'onde scintille. Les joncs se penchent ou s'épanchent sur l'eau. Les canards conversent. De temps en  temps, le ton monte et une envolée s'ébranle et traverse mon champ de vision.
Les touches, au pinceau, me paraissent molles. Je prends le couteau, plus incisif, pour capter davantage l'instant. Au passage, le même couteau s'empare des aplats colorés et fait lui-même ses mélanges. Le soleil décline, les contrastes augmentent, les ombres s'étirent. Dans la ferme voisine, les vaches meuglent. C'est peut-être l'heure de la traite. Au loin, une aigrette se détache sur l'obscur des feuillages. Je commence à ressentir le froid.
Un fruit à croquer, quelques pas pour se dégourdir les jambes  et faire le vide. J'examine, de loin, ma toile. Toutes ces déclinaisons  de verts affûtent mon regard et enrichissent ma palette.
Je profite de l'instant, de la sérénité du lieu. Glissements des foulques macroules et des cygnes, lenteur, douceur, envoûtement. Un écrin où scintillent les pépites de lumière changeante.



Crans

Le Four

La Roue

La Brasière

Chapelle de Ronzuel

Dienet

La Brasière 2

Les Gouttes

Crans 2

La Corbière

Pêche à la Corbière

Perchy

La Roue 2

Le Cruis

Brunet