Quelques poésies et chansons

Certains poèmes naissent dans la douleur ou, à l'inverse, dans  la plénitude. D'autres s'invitent dans un plaisir musical né de l'harmonie des mots.

J'ai écrit aussi plusieurs pièces musicales, dont un Ave Maria  pour 4 voix. Je ne me l'explique pas...et j'espère qu'un jour ou l'autre l'inspiration reviendra
.






Bonjour


Un ourlet de tendresse
Au sourire esquissé
La journée s'annonce belle
Sur mes lèvres posée
Bonjour ce jour
Et ce qui va en naître



Frémissements


Mouvants centimètres
Arrachés à la dune,
Corolle orangée suspendue
A l'empreinte du temps,
Ombres désaccordées.
Frémissement carminé
Du mystère fragile,
Bel adieu de l'ami
Au bouclier ardent,
Couleur perlée des vagues
Qui abandonnent au sable
Leur image éphémère
A nos yeux ébahis.
Le silence gémit.



Mirages


La ville vibre de tous ses mirages,
Le beau peut se faire du souci.
Savon de silicone,
Caprice pour un caramel.



Pêle-mêle


Des craquements de lune
En éclats orangés
Habillent les charmilles.
Chagrin du serment perdu,
Pêle-mêle de beautés,
De mercis,
De pardons.



Extrêmes


Derrière le rideau,
Le torrent du délire
Charme l'indifférence,
En vain.

La douleur altière
Epuise le silence
D'un abri possible,
Cruelle.

La chaleur du portail
Oblige à croire
Au miel,
Douceur.

Dormir sous le soleil,
Mourir en musique,
Aimer à l'infini,
Céleste.



Impatience


L'impatience
A cerné l'habitude.
Remplis mon coeur
De rumeurs océanes.
A l'orée du désir
Sème la sagesse,
J'aime ce nom,
Gabriel.
Un morceau de désir
Cajole ma paresse,
Je veux boire à la source.



Le saule


J'aime
Le saule frissonnant
A la cambrure du soir,
Quand les derniers rayons
Chahutent avec le vent.
Changeant…
Pourquoi ne vais-je plus
Interroger les arbres,
Caresser leur écorce
Et leur parler du temps
Qui passe ?



Le toit


Du gris ou du rose,
Du soir au matin des choses,
Le toit du moulin de lauzes
Est le mien.



Souvenir d'un bouquet


Velours orangé
De l'intime douleur,
Un cri à l'unisson
Qui lève la poussière.
Je donne à ma misère
Un regard de volcan
Pour engranger du monde
Le chant universel.




Les mots


S'ébattre dans les mots,
A contresens,
A contre-courant.
Perles d'éclaboussures vivifiantes,
Mélodies syllabiques,
Ritournelles de voyelles,
Consonnes pour que sonne
La pulse, le coeur, la vie.
Et si les mots m'abandonnaient ?
Si je perdais leur trace
Dans le dédale de l'oubli ?



A l'hôpital


L'épicéa découpé
Sur le camaïeu de l'aube,
Des lampions allumés,
La ville au loin s'éveille.
Rêves de phacélies, d'hélianthèmes.
Chemise immaculée, l'attente.
La rumeur des couloirs enfle,
L'esprit au ralenti.

Là où vont mes pensées,
Des fantômes déambulent
A pas lents et feutrés,
Le couloir fait silence.
Ils se croisent sans se voir,
Habités par un monde
Où nous sommes étrangers.
Mon coeur en résistance.




Horizon


A l'horizon de vanité,
Le chemin silencieux
Livre son sortilège.
A l'ennui du paraître,
Le corps est habité
D'alibis volatils.



Douce douleur


Douce douleur nous berce,
Sans bruit
Coulent les larmes,
Le jour vient.

Si le souffle s'apaise,
Sans feu
Monte la flamme,
Le jour va.



Eclaircie


L'éclaircie glisse sur le rocher.
Mes pensées fugitives
Discourent avec l'écume,
Rien n'est besoin de dire,
Nos souffles en concordance
Tendent vers l'infini.



Opéra silencieux


Texture amère de la fureur,
Couleur sépia de la douleur,
Une parcelle de l'abîme
Baigne dans la lumière.
Je tresse les chevrons du décor
D'une maison ajourée,
D'un prince à materner.
Une fenêtre en ogive
Adossée au temps
Indocile.
Opéra silencieux.



Vivre


Tendre ses lèvres à la cascade,
S'abreuver du silence des hommes,
S'enivrer du parfum des lilas,
Caresser le vent dans les feuilles,
Echapper au déni,
S'abandonner au rire.



Rive gauche


Dentelle
De la porte grise,
Pavé mouillé,
Une dernière lumière,
Je viens.
Le choc sourd
De ton pas
Derrière la porte.
Un rêve
Sous le bras,
Partition inachevée.



Le peintre et sa toile


A partager l'ennui,
On en prend pour dix ans
Dit le peintre à sa toile
Alors que rien ne vient.
Arrête de penser lui dit-elle,
Laisse aller le pinceau
Sur mes reins.
Habille-moi de lumière,
Des couleurs de ton coeur,
Du poids de ta misère.
Habille-moi de rien,
De rien d'autre que toi,
Là, tout nu devant moi,
Je te connais si bien.




L'onde


L'onde vient à moi.
Le bruit des voix s'estompe.
Le rose orangé
Prend possession du ciel.
Je sens à peine
Le souffle du soir
Sur mon dos nu.
L'onde vient à moi.

L'onde vient à moi.
La nuit installe son monde,
Distribue les gris,
Du mauve au bleu-nuit.
Je sens humide la mousse
Au pied du hêtre sombre.
L'onde vient à moi.

L'onde dort tranquille,
La nuit a fait sa couche.
La lune voilée
Court après son reflet.
Je sens possible mon rêve.
Ce soir,
Je nais au monde.
L'onde vient à moi.



Là où le pinceau mène


Là où le pinceau mène,
Je n'aurais pas songé
Le dire avec des mots.

Là où le pinceau mène,
Je me vois au dedans
Comme si j'étais une autre.

Là où le pinceau mène,
J'habite la lumière
L'espace d'un instant.

Là où le pinceau mène,
Je me laisse guider
Credo et crescendo.

Là où le pinceau mène,
Je croise des visages
Et m'accroche à leurs maux.

Là où le pinceau mène,
Je touche à l'infini
Et le perds aussitôt.

Là où le pinceau mène,
La douleur se décline
En infinie douceur.

Là où le pinceau mène,
Le temps est suspendu
Et mon corps volatil.

Là où le pinceau mène,
La couleur sonde l'âme
Et le trait la pensée.

Là où le pinceau mène,
Le regard apprivoise
D'obscures libertés.

Là où le pinceau mène,
Virevoltent les songes,
Cicatrisent les plaies.



Un jour sans…


Hachures de diamant
Dans mon refuge
Ecriture.
Eclaboussures d'acier
Des pinceaux frémissants.
Le sommeil en coupures,
Un jour sans.



L'or du crépuscule


L'or du crépuscule
Accroche à la cimaise
Du jour
Un moment de lumière
Unique.
La saveur du printemps
Amenuise la douleur.



Elle…


En murmurant son nom, on entrouvre la grille
D'un jardin rafraîchi par la nouvelle lune.
Elle compose un bouquet.

Au prélude de Bach, pilastre de ferveur,
Elle ajoute le mystère de sa fragilité.
Au sang chaud de septembre, elle mêle cristallines
Des larmes de tendresse sur l'écorce dorée.

Lumineuse pudeur.
Son cri est intérieur. S'il sortait de la terre,
Sa couleur enfanterait des geysers de sanguine,
Libérant au passage des secrets placentaires
Au parfum enivrant de roses alizarines.

Plénitude charnelle.
Sublimées dans l'argile sous les doigts de Rodin,
Ses courbes inspirantes font chanter les poètes,
Invitent les regards à se poser sur elles,
Aux entrailles de la foule anonyme et mouvante.

Maternelle douceur
Où se love l'enfant dans un huis-clos de rêve.
Elle peut n'être qu'à lui, les yeux sur son sourire,
Le coeur sur son chagrin, l'esprit toujours en veille.

Et puis, légère dans ses pas, son bouquet à la main,
Etourdie d'harmonie, elle rentre du jardin.



Nuit d'hiver


C'est une nuit
De dattes et de fruits confits.
Dans la rue
Se promènent des mendiants.
La lune a relevé le défi
De nager à contre-courant.
L'oiseau s'en mêle
Et se met à voler
A tire-d'aile.
L'enfant peint en dormant
Et le jaune du souci
Et le rouge du sang.
Il peint des grains de riz
Et voilà que son coeur se fend
En pensant aux tsunamis.
Son coeur couvert de suie,
Et les mistrals gagnants ?
Il en fait un nid
Avec des oeufs dedans,
Puis il attend
Le chant,
Le chant d'après la pluie,
Le chant du firmament.



Matin d'octobre


Un givre léger sur le sol
Courbe la feuille gracile et tendre,
Tandis qu'au loin en communion,
Les arbres perdent jusqu'à leur nom,
Enveloppés finement de brume,
Que sous le pinceau ou la plume,
Je ne saurais les magnifier
Tant leur mystère a de beauté.
La lumière vient, comme un cadeau,
Mêlant l'orange à la rosée.
Les passereaux à notre approche
Ont fui l'abri sans un reproche.
J'ouvre mes pores où se répand
L'infinité du temps présent.



Le coeur noué


Le coeur noué
Par ce qu'on refuse
De voir.
Visage passif de la tristesse
Au goût amer,
D'où la colère a disparu.
Etrange rivage
Où abordent les larmes.
Flux bienfaisant,
Reflux salé.
Berce-moi douleur,
As-tu un sens ?
Mes mains tremblent
Et se joignent.
Ou est l'amie, la soeur,
Pour rester en vie,
Se laisser réchauffer
Par les rayons rasants
De ce matin d'automne ?



Semis


Ritournelles en chemin
De fleurs au nom latin,
Falbalas mellifères
Accrochés aux patères
Du temps,
Des saisons-lune,
Des semis d'amertume.



Un coeur déraciné


Douce mélancolie en ce premier printemps
Où j'ai vu la mésange nicher au marronnier,
Quand la brume se lève au loin sur le Bugey,
Découvrant l'étendue des champs fraîchement semés.
Douce mélancolie et pourtant,
Le bonheur sous les doigts, la terre émiettée,
Le craquement du bois sous nos pas en forêt,
Et la paix qui descend aux abords de l'étang
Surgi de son écrin au soleil miroitant.
Douce mélancolie et pourtant,
Le bouleau, généreux, répand son élixir,
L'amitié alentour se boit et se respire.
Mais la blessure est là, saillante sous la beauté,
Nous mettant à l'épreuve au risque de nous perdre.
Ce coeur déraciné qui refuse qu'on l'aime,
C'est un soleil voilé mais aussi notre enfant.



Douleur de l'absence


La rumeur subtile
Des lames qui se brisent
Colore la pâleur
De mes songes.
Mon chagrin silencieux
Revêt une douceur
Où le sourire se fige.
Que dire de ton absence ?



Au bout du monde


Le rugissement des vagues
Assourdit le vide de l'absence.
Je ne veux pas
M'abandonner au sable.
Turquoise, émeraude, carmine,
La vague caresse les courbes
Du sable, des dunes.
Le roc résiste et bloque
L'ardeur marine.
Mosaïque dans le sable,
Que laissent les coquillages
Au retire de la mer.
Soupirs des pélicans,
Joyau, scintillement de la roche
Assaillie par la fougue océane.
Ecume rugissante,
Secret du lointain,
Du fond marin, du large.
Et toi, au bout du monde.
Le coeur qui cogne
Pour se faire entendre,
Dans le vacarme du vent, des vagues.



Quand reviendrons-nous ?


Avancée des nuages
Qui balaient l'onde
De nacre orangée.
Permanence turquoise
Du rouleau qui se gonfle,
Bouillonnement de l'écume,
Impassibles rochers.
L'eucalyptus à l'affût
Du moindre souffle
Converse avec les vagues
A l'infini.
Dites,
Quand reviendrons-nous ?



Sagesse


Sagesse lumineuse
De l'instant pur
Qui dépasse et fascine.
Arôme bleu-mauve,
Là,
Les vagues se pressent,
Ici,
L'ombre s'étire
Sous les bruits familiers.



La mer


Ardoise à l'amanecère
Turquoise quand le vent se lève
La mer…



Immensité (à Nena)


Bleu de l'immensément grand,
Du ciel et de l'océan,
Immensité pure
Ou mystérieux obscur
Pour nous garder enfants.
Vert pour espérer
Qu'après l'hiver
Vienne l'été,
Qu'après les larmes
Vienne la joie.
Bleu-vert sous l'écume,
Bleu-vert chanson de lune,
Les mots qu'on n'a pas dits
Sont dans nos poésies.



La p'tite bestiole (à Andéol)


Au beau milieu des herbes folles,
Entre pissenlits et plantain,
Un petit garçon se console
Auprès de son gentil lapin.
Il a eu peur d'une p'tite bestiole,
Une p'tite bestiole au nom latin,
Qui a dit avant qu'elle s'envole
Qu'elle reviendrait le lendemain.
Le lendemain, en farandole,
Le p'tit garçon et son lapin
Attendent dans les herbes folles
Une p'tite bestiole au nom latin.
Et la voilà qui caracole
De merisiers en aubépins,
Pour se poser sur une scarole
Du potager de leur voisin.
Ah ! On voit bien qu'elle en raffole
De ce menu végétarien !
Elle prend son temps et sans paroles
Ne pense qu'à son picotin.
Le petit garçon se désole
Et prend cela pour du dédain.
Il va trouver la p'tite bestiole
Et lui dit de son air malin,
Tu sais, je m'appelle Andéol
J'aim'rais bien être ton copain.



La poésie de l'addition (à Ewan)


Des idées, j'en ai deux, j'en ai trois,
J'en ai bien plus que ça.
Si j'en ai quarante-huit
Et qu'on m'en donne douze,
Je connais une maman
Qui sera bien contente.
Et pourquoi dira-t-on ?
Pour faire rimer soixante.
Des idées, j'en ai deux, j'en ai trois,
J'en ai bien plus que ça.
Si j'en ai trois douzaines
Et qu'on m'en donne deux,
Papa sera ravi, Maman sera contente.
Et pourquoi dira-t-on ?
Pour faire rimer soixante.
Des idées, j'en ai deux, j'en ai trois,
J'en ai bien plus que ça.
J'en ai six plus trente-sept,
Qu'on m'en donne dix-sept,
Maman sera contente.
Et pourquoi dira-t-on ?
Pour faire rimer soixante.
Des idées, j'en ai deux, j'en ai trois,
J'en ai bien plus que ça….



Marin d'eau douce (chanson pour Marin)


Marin d'eau douce avait un chat
Qui s'appelait P'tit Mousse,
Et v'là t'i pas qu'le chat tomba à l'eau,
Plouf, plouf, plouf,
Gla, gla, gla,
L'eau était froide.
Marin d'eau douce tout habillé
Plongea dans l'eau pour repêcher
Le chat trempé
Qui ne cessait de miauler,
Maou, maou, maou.
Ah ! Là, là, cria Maman
Quand elle vit ça.
Elle attrapa la queue du chat,
Et de Marin saisit le bras.
Oh, là, là, qu'ça fit du bien
Quand elle sécha et Marin et le chat
Dans le même drap de bain !
Et vous savez c'qui s'est passé ?
P'tit Mousse et Marin d'eau douce
Se sont mis à ronronner.




L'attente (à Véro)


L'attente est un secret
Si doux à partager
Avec celui qu'on aime.

L'attente est indocile,
Il faut l'apprivoiser,
Calmer son impatience.

L'attente est un jardin
Où poussent côte à côte
Les plantes du passé,
Les semis de demain.

L'attente est un cadeau
Pour celui qu'on attend.
On lui offre ses larmes,
Sa douleur, son angoisse.

L'attente est une chance,
L'attente est un mystère,
L'attente est espérance,
L'attente devient prière.

L'attente est dérisoire
Devant l'éternité.



40 ans, le bel âge (à Fabien)


Peut-être es-tu trop grand
Pour que si peu de hâte
Précède ce message.
Peut-être suis-je l'enfant
Ou les prémisses de celle
Qui voit l'autre rivage.

Compose le présent,
Egrène chaque seconde,
Chaque note, chaque page, 40 ans, le bel âge.

Peut-être militant,
L'appel du temporel
Façonne ton ouvrage.
Peut-être vois-je le temps
Modeler les saisons
Vers un plus long voyage.

Prends de la vie le chant,
Les parfums, les images,
Prends de la vie l'instant, 40 ans, le bel âge.

Peut-être, oh non sûrement,
L'amour qui t'est donné
Affermit ton ancrage.
Peut-être, oh non sûrement,
Les idées partagées
Nous font devenir sages.

Transmets l'odeur du vent,
La danse des feuillages,
Le sourire de l'instant, 40 ans, le bel âge.



Concerto pour un ange (à Ilana)


Cher ange, petit soleil à naître,
Tu vas briller sur notre vie.
Sans rien savoir de tes ancêtres,
Nous sommes déjà tes apprentis.

Tu embellis celle qui te porte,
Tu lui fais faire de si grands pas
Qu'elle se sent devenir forte,
Elle ne s'y attendait pas.

Nous allons semer au jardin
Des fleurs que tu verras grandir.
Nous rirons à l'ébauche d'un sourire,
Fondrons quand tu seras chagrin.

Tu nous feras dire merci,
Tu nous feras dire cadeau.

Sur notre coeur endolori,
Tu construiras un chapiteau
D'où s'envoleront des rhapsodies,
Des sonates ou des chants d'oiseaux.



Tu as vingt ans (à Marie)


Tu as vingt ans.
Si je devais donner
A chacune des années
Que nous avons passées ensemble,
Un nom, un seul,
Un mot qui te ressemble,
Je ne le pourrais pas.
J'y mettrais des couleurs,
Un brin de mélodie,
Je voudrais l'habiller
De toute ta fantaisie.
C'est un nom qui rirait,
Qui tremblerait de joie,
C'est un nom qui serait
Follement doux comme toi.

Tu as vingt ans.
Si je devais conter
Notre complicité,
Tous les instants passés
A rire de nos grimaces
Avec Zou dans la glace,
Je ne le pourrais pas.
Je tairais tes mimiques,
Le tendre face à face
De ces instants magiques,
C'est beau la joie qui passe.

Tu as vingt ans.
Si je pouvais sécher
Tes larmes de souffrance,
A regarder filer
Le bateau de l'enfance,
Je le ferais cent fois.
Nous resterions à quai
Et je verrais grandir,
Mi-larme, mi-sourire,
La femme après la fille.
Tu as vingt ans.
Je me suis éloignée
Te laissant face à toi.

Tu as vingt ans,
Il est temps.
Vois comme tu es belle
Au dedans.
Si le soleil est bas,
Demain il renaîtra.
Au bout de la passerelle,
Le bonheur t'appellera.



Musique


Les yeux mi-clos,
Je hume
La paix de l'onde.
Le temps égrène
En goutte à goutte
Des larmes de bonté.
Tableau au crépuscule
D'un cheval rassemblé.
Le sourire de Dieu
Murmure à nos oreilles
Et berce d'éternité
Ce jour nouveau.
Je respire l'esquisse
Du parfum immobile.
La beauté jaillit
A l'écho du frisson.
Le ventre retient un cri
De lumière.
Des serres de joie emportent
Mon âme légère.
La libellule tressaille
Au chant du violoncelle
Et donne un piano,
Tandis que vibrent,
Entre grave et tendre,
Tes doigts crescendo.



Les fleurs blanches (à Maman)


Les fleurs blanches te vont bien.
Est-ce à cause du prénom
Que tu portes si bien
Ou du goût que tu as
Pour la magie de celles
Qui sont seules à fleurir
Aux jours froids de Noël ?

Les fleurs blanches te vont bien.
Majestueuses et douces,
Raffinées à souhait,
Elles s'offrent en bouquet
Ou tout à leur secret,
Elles gardent sur la mousse
Le mystère des forêts.

Les fleurs blanches te vont bien.
Mais tu les aimes toutes,
Sauvages et odorantes,
Les fleurs du bord de route
Ou celles de nos jardins.

Tu sais les arranger,
Prenant soin de chacune.
Mais avant que quelqu'une
Ne vienne à se faner,
Garde toujours l'envie
De l'immortaliser,
Sous le pinceau ou l'une
De tes craies colorées.



La petite fille (chanson pour Laura)


Elle regardait le papillon,
Ses yeux racontaient des histoires,
Elle dessinait de beaux cocons
Sur de simples papiers buvard.

Elle avait mis sa robe rose,
Un ruban dans ses boucles blondes,
Rêveuse devant le laurier rose,
Elle regardait le papillon.

Elle vivait au pays des contes,
Du petit ours qui court partout,
De maman qui gentiment gronde
Ne t'éloigne pas trop de nous.

Elle voulait que l'ourson se sauve,
Que son papa soit très inquiet,
Qu'il coure partout pour le chercher
Et que dans ses bras l'ourson saute.

Elle regardait le papillon,
Ses yeux racontaient des histoires,
Elle coloriait de beaux ballons,
Elle n'aimait pas les crayons noirs.

Elle avait mis sa robe rose,
Un ruban dans ses boucles blondes,
Rêveuse devant le laurier rose,
Elle regardait le papillon.

Elle regardait le papillon
Qui s'est posé sur le ballon
Que tirait le gentil ourson.
Papillon rond, ballon qui vole,
Et l'ours en tête qui…… caracole.



Le chat Charabia


J'attends ta visite à partir de midi,
Petit chat gris de tout le monde.
Je t'appelle Charabia
Sans trop savoir pourquoi.

Je pose ta tasse au bord de la fenêtre,
Pleine de ces petits éclats
Qui craquent sous tes dents.

Tu passes un moment
A lécher tes babines,
A lisser le poil déjà doux
De ta robe féline.

Et puis, tu t'élances
Emportant ton mystère,
Tu disparais derrière la haie.
Je ferme la fenêtre.

J'attends ta visite à partir de midi,
Petit chat gris de tout le monde.
Je t'appelle Charabia
Sans trop savoir pourquoi.

Charabia, Charabia,
Je t'appelle Charabia
Sans trop savoir pourquoi Charabia…….
Dis, tu reviens demain ?




Ewan et le secret des arbres


C'était un grand jardin avec un très bel arbre. Un arbre grand et fort et pourtant si léger. Ses branches se balançaient, dociles, au gré du vent. Il avait tant de branches et de feuilles qu'on ne pouvait voir le coeur de l'arbre, là où tout semblait sombre et calme. Seules, ses extrémités valsaient, s'entraînant les unes les autres.
Dans ce grand jardin, au pied de l'arbre, le petit chat blanc savait que le coeur de l'arbre portait un grand secret. Il avait vu des oiseaux y entrer et sortir dans un ballet qui ne cessait depuis de nombreux jours déjà. Mais le grand arbre se taisait.
Dans le grand jardin, le petit garçon, au pied du grand arbre, ne s'intéressait pas au grand secret de l'arbre. Il ne voyait même pas le ballet incessant des oiseaux. Il regardait plus haut, bien plus haut que le grand arbre. Il regardait les grands oiseaux, très haut dans le ciel. Il savait exactement de quel côté ils apparaissaient. Quand l'un d'eux se faisait entendre, dans un grand vrombissement, il cessait de manger, de jouer et montrait du doigt le grand oiseau bruyant. Il ne savait pas encore prononcer son nom, mais il l'aurait reconnu entre mille autres oiseaux comme il aurait reconnu son petit chat blanc parmi mille autres petits chats blancs.
C'était un grand jardin avec un très bel arbre. Un jour, l'arbre fit entendre son secret. Du nid qu'il abritait, sortirent des cris puis des chants d'oisillons.
L'enfant grandit et le chat aussi. Il apprit à chanter les chansons qui venaient du secret du grand arbre. Il finit même par ne plus entendre les grands oiseaux inventés par les hommes et qui faisaient tant de bruit.



Je dessinais.
Mon pêcheur lançait sa canne
Inlassablement
De l'autre côté du talus,
Quand il est venu,
Mon ami de passage,
Blottir son doux museau
Sous mes genoux,
Me confier son corps chaud
Le temps d'un petit somme.
Puis il a disparu
Comme il était venu.



La terre vit…
Elle se livre, je me confie.
Je lui abandonne ma force, mon énergie.
Corps à corps silencieux au pouls accéléré,
Je la modèle, elle ne dit rien,
Je la rudoie mais sans violence,
Je la câline, je la regarde,
Entre pudeur et audace, je l'étreins,
Et j'attends…
J'attends le signe,
Ce bref instant où je saurai qui elle est.
Alors, elle ne me lâchera plus,
Exultant, me portant,
Jusqu'à l'heure arrêtée où ayant donné vie,
Nous serons apaisées.



L'eau (à Sadia, Rebeh, Maïmouna…)


L'eau coule et s'enroule
Au pied des collines.
Elle parle au ciel
Et murmure au soleil
Des mots doux,
Des mots d'eau,
Des mots de tous les jours,
Des mots pour avoir chaud.
Elle caresse la pierre,
Fait valser les étoiles.
Elle sait tout de la vie,
Des gens de la montagne.
Elle parle aux villageois
Au creux des vertes plaines.
Elle sait tout de la vie,
La raconte à la mer.



Sur une musique de Toups


Partout,
Vent et averses,
Pluie, coups de bambou,
A la renverse,
On vit sens dessus dessous.
Ca blesse, bouleverse
Le monde céleste.
Je marche en sens inverse.
A genoux,
Je sens ma terre.
Des cailloux, caresse
La mousse épaisse.
C'est fou
Comme la sagesse
Se fout
Des largesses,
De l'or,
Du joug des richesses.
C'est fou
Comme elle s'en fout.



Lettre ouverte à la jalousie


Tu me poursuis,
Tu t'insinues dans chacun de mes pores,
A faire gonfler mon doute.
Tu viens sans prévenir
Au hasard d'un regard ou d'un geste,
Foudroyante,
Me laissant muette à ne savoir que dire,
M'obligeant au silence,
Alors que brûle sur mes lèvres
La question à poser.
Tu me rends bête, méchante et sans nuances.
Tu me tortures,
Je te repousse,
Tu combats ma raison,
Tu veux séduire mon coeur,
Y prendre toute la place
Et chasser mon amour.
Eloigne-toi, prends du repos,
Que je respire.
Rends-moi le rire que tu m'as pris.
Et si je t'apprivoisais ?
Je saurais être douce, apaiser tes assauts.
Raconte-moi ton histoire.
D'où es-tu née ? De mon doute ?
D'un amour trop petit ?
Continue,
Je commence à t'aimer.
Après je te dirai pourquoi je l'aime,
L'envie que j'ai de lui.
Si nous rêvions ensemble ?



Le hasard et la rencontre


Si l'envie de rencontre et le hasard se rencontraient, le destin s'habillerait de couleurs inattendues, accrocherait à chacun des regards des perles de rosée pour attirer l'autre, parfumerait leur passage de senteurs inconnues, inventerait une mélodie légère aux notes acidulées. Si l'envie de rencontre et le hasard se rencontraient, l'amour jaillirait comme une source où se désaltèreraient des lèvres au goût sucré.
Ils se rencontrèrent, on ne sait pas pourquoi, comme la rivière rencontre la mer, comme l'air rentre par la fenêtre ouverte, comme la couleur sur la toile cherche frénétiquement celle qui l'accompagnera.
Ils se rencontrèrent car la vie l'avait voulu ainsi.



Méditation à trois


J'ai mis un certain temps
A faire n'importe quoi,
Des chefs d'oeuvre, des brouillons
Où j'ai perdu la foi.

J'ai lu un très beau livre
Et je pensais à toi.
C'est ce qui me délivre
De mon grand désarroi.

Je suis une terre en friches,
Après tout je m'en fiche
Puisque j'y mets des fleurs.

Tu es mon jardinier
Pour m'aider au labeur,
La plume dans l'encrier
Pour sécher tous mes pleurs.



Initiation


Insolence agrippée à l'instant.
Elan de colère mauve pour la porte qui claque.
Transparente beauté où je voudrais puiser
L'eau vive du torrent qui coule dans ses veines.
Elle est mon frère, ma soeur,
Une part de moi-même.
Fragile humanité dans l'infiniment grand,
Elle a pris les devants pour me montrer la route.
Elle élève mon âme, elle épure l'instant.
Si son corps l'accompagne, enveloppe familière,
Il lutte par habitude, par instinct de survie.
Elle déborde de vie, d'une vie nourricière
Qui dépasse la mort, qui dépasse la vie.



Je voudrais


Je voudrais voyager, je voudrais m'amuser,
Je voudrais m'endormir au souffle de l'été,
Je voudrais pagayer sur une rivière,
Je voudrais réciter des vers de Prévert.

Je voudrais louer le Dieu de l'univers,
Je voudrais m'asseoir sur des tas de pierres,
Je voudrais qu'un soir quelqu'un m'enlève,
Je voudrais me pencher pour écouter la terre.

Je voudrais admirer sans jamais me lasser
Les beautés de la terre, le soleil et la mer,
Je voudrais que la vie soit faite de lumière,
Je voudrais aussi que tous les hommes s'aiment.

Je voudrais chanter avec ma guitare
Des chansons d'amour près d'un feu chaque soir,
Je voudrais donner à ceux qui ne l'ont pas
La joie d'aimer et celle d'être aimé.
Chanson d'une jeune fille de 16 ans.



La tourelle


D'une petite tourelle,
J'ai regardé la vie d'en haut,
Suivi le vol d'une hirondelle
Qui se sentait bien dans sa peau.

Mais en bas, mais en bas
Y'avait une petite porte de bois,
Et d'en haut, et d'en haut
S'y rassemblaient tous les oiseaux.

Mille chemins passaient par là,
Tous ceux qui conduisent au bonheur,
Derrière la porte et au delà,
La vie brillait de mille fleurs.

A l'autre bout du terrain sombre,
Une muraille se dressait,
Entre le soleil, entre l'ombre,
Elle ne savait vers qui pencher.

Et ce dais d'arbres dominait
Toute la vie d'un monde heureux,
Comme pour cacher toute la beauté
Sous des rameaux bien miséreux.

Et les branches se querellaient,
Comme sous l'effet d'un vent mauvais,
Le monde cachait son beau visage
Par une guerre de feuilles pas sages.

Mais en bas, mais en bas,
Y'avait une petite porte de bois,
Et d'en haut, et d'en haut,
S'y rassemblaient tous les oiseaux.

Dans les pierres serrées de la vie,
Lézard cherchait sa liberté,
Tombait, roulait enfin trouvait
L'asile heureux d'une survie.

Caille se sauvait de son nid,
Pour aller à son rendez-vous,
Au beau rendez-vous de l'amour,
Il lui fallait un alibi.

Pour échapper à un coup d'ailes,
A une griffe maternelle,
Elle partait la nuit tombée,
Plumes au vent, le vol léger.

Y'avait dans ce beau paysage
Toute une paix, toute une guerre,
Et de la vie, tous les bagages
Dans cette porte et la muraille de pierre.

Car en bas, car en bas,
Y'avait une petite porte de bois,
Et d'en haut, et d'en haut,
S'y rassemblaient tous les oiseaux.
La même jeune fille à 15 ans.



Laissons l'ennui


Laissons l'ennui vivre sa vie
Avant que ne tombe
Sur nous la pluie,
Avant que le sable
Enfouisse ces jours d'orage.

Laissons l'ennui à tous ceux qui
Egrènent des jours,
Egrènent des nuits trop sages.

Laissons le feu gagner un peu
Avant qu'on devienne
Trop silencieux,
Avant que nos phrases
Ne livrent plus leur message.

Laissons le feu des amoureux
Envahir nos coeurs
Et colorer nos visages.

Laissons la vie sortir son cri
Avant qu'elle nous mène
Au fond du puits.
Nous n'avons pas l'âge
De tourner la dernière page.

Laissons la vie crever d'envies,
Bousculer nos coeurs
En abordant nos rivages.

Si nous laissions, si nous partions,
Si nous cueillions, si nous valsions,
Si nous chantions le pouls du monde,
Nos coeurs battraient tous en même temps.

Laissons l'ennui vivre sa vie
Avant que ne tombe sur nous la pluie,
Avant que le sable
Enfouisse tous nos mirages.

Laissons l'ennui à tous ceux qui
Egrènent des jours,
Egrènent des nuits trop sages.
Laissons l'ennui vivre sa vie.




La bougeotte des mots et des notes


Les mots ont la bougeotte
Et au réveil,
Les idées s'entrechoquent,
Se bousculent dans la tête.

Choc, anaphore,

Rien ne peut les en empêcher.
Les mots naviguent à leur gré,
A leur convenance,
Chacun sa chance.

On peut aussi les bousculer
Pour servir de belles idées,
Les mots se prêtent aux pirouettes.

Charivari dans les esprits,
Tohu-bohu ça s'tape dessus,
Les pensées cherchent en vain des mots
Pour partager leurs idéaux.

Charivari dans les esprits,
Tohu-bohu ça s'tape dessus,
Les pensées sont de fiers chevaux
Galopant par monts et par vaux.

Les notes ont la bougeotte
Et au réveil,
Les harmonies se frottent,
Se bousculent dans la tête.

Choc, métaphore,

Rien ne peut les en empêcher.
Finalement, elles viennent se poser
En concordance,
Sans réticence.

Il suffit de les écouter
Et de prendre un bout de papier,
Les notes sont prêtes
A faire la fête.

Charivari, ré sol la si,
Tohu-bohu un ton au-dessus,
Les notes ont mis la clé de fa
Sous la porte des toccatas.

Charivari, ré sol la si,
Tohu-bohu, un ton au-dessus,
Les notes ont pris bras dessus, bras dessous
Les mots pour d'autres rendez-vous.

Chariva doux, tohu berceuse,
Chariva danse, mon coeur se penche,
Chariva blême quand mon coeur saigne,
Chariva doux, je t'aime, c'est tout.




Le grand bouquet


Ces petits riens dont on profite,
Morceaux d'amour, bouts de trésor,
Un bel éclair quand on s'abrite,
L'onde du soir scintillant d'or.
O belle, ô belle
L'âme des petits riens du monde.

Ces petits riens dont on profite,
Morceaux de rêve, joies métissées,
Une lumière qui nous habite
Sans prévenir, un soir d'été.
O belle, ô belle,
L'âme des petits riens du monde.

Ces grands remous qui nous visitent
Sans qu'on les y ait invités,
Lames de fond qui trouvent vite
Le chemin pour nous déchirer.
Rebelle, rebelle,
L'âme des grands tourments du monde.

Ces grands silences qui ressuscitent
Des images qu'on veut oublier,
Comme le lierre qui parasite
Le chêne qui cherche à s'élever.
Rebelle, rebelle,
L'âme des grands tourments du monde.

Ces riens, ces touts qui nous agitent,
Qu'on soit d'Afrique ou du Tibet,
Le lumineux ou l'anthracite
Font de nos vies un grand bouquet.

O belle rebelle
L'âme des riens,
L'âme des touts,
L'âme de nous.




Est-ce qu'on s'habitue ?


Est-ce qu'on s'habitue à la laideur
De la guerre ?
Est-ce qu'on s'habitue à avoir peur ?
Est-ce que sous les bombes,
Ils oublient le monde
De leur enfance, de leurs rêves ?
Insouciance de l'enfance, où es-tu,
Dans ces pays là-bas ?

Est-ce qu'on s'habitue à la froideur
De la misère,
A l'indifférence et au malheur ?
Vieux et seuls au monde,
Ils oublient qu'ils ont
Des frères et des enfants.
Eclaircie au crépuscule de la vie,
N'oublie pas ces vieux-là.

Est-ce qu'on s'habitue au mal de vivre,
Solitude,
A ce trou béant quand on respire.
Est-ce que dans l'angoisse,
Ils perdent la trace
De leurs plus beaux souvenirs ?
Vacarme du mal-être, quand te tairas-tu,
Dans ces coeurs au combat ?

Est-ce qu'on s'habitue à la saveur douce-amère,
Aux éclats de voix, aux cris, aux pleurs ?
Est-ce que sous les combles de leur vie,
La honte va sortir de sa torpeur ?
Insouciance de l'enfance, où es-tu ?
Insouciance de l'enfance, je prie pour toi.



Le cri

Il est venu me chercher
Un jour
Et j'ai dit oui.
Et puis
Je l'ai fait taire,
Lui disant à peut-être,
Lui donnant rendez-vous
Parmi les chênes, les hêtres,
Et je n'ai pas osé.
J'ai pensé qu'il avait
Disparu à jamais,
Trouvant un autre souffle,
Un autre corps meurtri
Pour y faire sa couche
Et y loger sa vie.
Certains maux me rappellent
Qu'il n'a pas déserté.
Je le fais taire encore,
Refoulant sa bordée,
Lui préférant les larmes,
La culpabilité.
J'ai envahi la toile
De masses désespérées,
Virant du brun au noir.
Me suis laissée happer
Par des filets de lune
De lumière orangée.
Et je lui ai cédé.



C'était un après-midi de silence.
La lumière rasante traversait le vitrail.
J'étais seule et pourtant non
Malgré les chaises vides.
Qui remplissait ainsi d'un souffle bienfaisant
L'habitacle étriqué de ma pauvre figure ?
J'ai déposé ma peur et j'ai fermé les yeux.
La lumière avait encore baissé
Quand je les ai rouverts,
Mais ma joie était grande.